Chapitre 4 · Protéger
Les mots entrent. Où ressortent-ils?
Le chapitre 2 a montré que la machine devient ce qu'elle mange. Celui-ci pose la question suivante : et si ce qu'elle mange, c'était nous?
Chaque message est une décision
Un message tapé dans un service d'IA ne disparaît pas après la réponse. Selon le service, il peut être conservé, lu par des employés pour améliorer le système, utilisé pour entraîner les prochains modèles, ou traité sur des serveurs d'un autre pays, sous les lois de ce pays. Rien de tout ça n'est visible dans la fenêtre de clavardage — ça vit dans la politique de confidentialité que personne ne lit.
Les traces invisibles
Même sans « secret » dans les messages, l'accumulation parle : les heures d'activité, l'appareil, la langue, le fil des questions posées semaine après semaine. Un profil se dessine sans qu'aucune ligne ne l'ait révélé. C'est la deuxième raison de préférer les services qui ne conservent rien — la première étant qu'on n'a alors rien à leur faire promettre.
Pour aller plus loin
Au Québec, la loi prend position
La loi québécoise sur la vie privée (la Loi 25) donne des droits réels : savoir ce qu'une entreprise détient, le faire corriger ou supprimer, et être informé quand des renseignements personnels quittent le Québec. Et c'est ici que la souveraineté cesse d'être abstraite : des données traitées au Canada répondent au droit canadien; traitées ailleurs, au droit de quelqu'un d'autre. Demander « où ça s'exécute? » est une question de citoyen, pas de technicien.
Trois services, trois destins pour le même message.
Quatre situations. Chaque choix a des conséquences — choisir, puis voir ce qui arrive vraiment aux mots.
Deux questions pour valider le chapitre :