Chapitre 0 · Départ
Comprendre la machine, une affaire de souveraineté.
La machine est arrivée un mardi, installée au café de la place. Le mercredi, une nouvelle courait : l'école du quartier fermerait en septembre. Précise, datée, assurée — et fausse. La mairesse cherche des crieurs : des gens qui vérifient avant de crier. Vous levez la main.
Une machine que tout le monde utilise, que presque personne ne comprend
L'IA écrit des textes, répond aux questions de devoirs, génère des images — et la plupart des gens qui l'utilisent chaque jour ne sauraient pas dire comment elle fonctionne, quand en douter, ni ce qu'elle fait de leurs mots. C'est exactement ce fossé que ce parcours vient combler.
Le pari canadien : comprendre avant de subir
En 2026, le Canada a fait de l'intelligence artificielle une ambition nationale. La stratégie « L'IA pour tous » repose sur trois piliers — la confiance, l'opportunité et la souveraineté — et son initiative nationale de littératie vise un million d'étudiants. Au Québec, les cadres du MEQ (2024) et du MES (2025) posent la même exigence : une utilisation responsable commence par la compréhension.
La souveraineté en IA, c'est décider chez nous : des modèles, des données et des infrastructures sous contrôle canadien. OYEE pousse l'idée jusqu'au bout — aucune donnée recueillie, aucune IA en direct : tout s'exécute dans le navigateur. Rien ne quitte l'appareil, rien ne quitte le pays.
Ce que ce parcours n'est pas
Pas une campagne anti-IA : la machine est un outil remarquable — utilisé avec jugement. Pas de la magie : sept chapitres suffisent pour en voir la mécanique. Et pas une publicité : aucun produit requis, rien de vendu, rien de collecté.
Pour aller plus loin
Guide du MEQ sur l'IA générative (2024) · Cadre du MES pour l'enseignement supérieur (2025) · Stratégie canadienne « L'IA pour tous »
L'IA que tu ne vois pas
Le robot conversationnel est la partie visible. Le reste travaille sans se présenter : le fil de ton réseau social est trié par un modèle qui prédit ce qui te retiendra; le clavier de ton téléphone devine ton prochain mot; le filtre antipourriel juge chaque courriel; l'appareil photo retouche l'image avant même que tu la voies. Tu n'as pas « commencé à utiliser l'IA » récemment — tu vis dedans depuis des années. La différence, maintenant, c'est qu'elle parle.
C'est pour ça que la littératie en IA ne se limite pas à « bien utiliser le chatbot » : c'est apprendre à reconnaître une prédiction statistique partout où elle se déguise — en fil d'actualité, en recommandation, en réponse assurée.
Idées reçues — et ce qui est vrai
Idée reçue « L'IA, c'est nouveau. »
En réalité Le domaine a soixante-dix ans, et ses hivers ont été aussi instructifs que ses étés. Ce qui est nouveau, c'est qu'elle écrit — et qu'elle est entre toutes les mains.
Idée reçue « L'IA pense, donc elle comprend. »
En réalité Elle calcule la suite la plus probable d'un texte. Le chapitre 1 ouvre la machine : ce qu'on y trouve est plus simple — et plus intéressant — qu'une pensée.
Idée reçue « L'IA est neutre : ce ne sont que des maths. »
En réalité Les maths sont neutres; les données ne le sont pas. Une machine entraînée sur nos textes hérite de nos angles morts — le chapitre 2 le montre en direct.
Repères : stratégie fédérale « L'IA pour tous » (juin 2026) · guide du MEQ sur l'IA générative (2024) · cadre du MES pour l'enseignement supérieur (2025).
Trois questions avant le départ — aucune mauvaise réponse, et rien n'est enregistré.
Deux questions pour valider le chapitre :